ZAC Portes du Tarn : circulaire, rien à voir

Le 14 juin 2018, à Saint-Sulpice, la SPLA 81 a organisé un colloque « d’envergure nationale1 » pour présenter un programme de recherche sur l’économie circulaire  appliquée à la conception des zones d’activités.

En arrière plan, il fallait montrer en quoi la ZAC des Portes du Tarn était une « démarche pionnière2 » et vertueuse. M. Chorro, directeur général de la SPLA 81, a pu y déclarer «il faut réinventer nos usages, travailler avec notre entourage pour économiser nos ressources naturelles3 ». Nous en aurions la larme à l’œil tellement c’est beau. Mais pour le coup, ce n’était pas à l’œil : réunion dans un domaine quatre étoiles avec Jean-Louis Etienne en guest star. Économiser les ressources naturelles ne veut pas dire économiser l’argent public ! Dans l’expression « une journée riche en échanges et en partages d’expériences4 », le mot riche n’est pas usurpé.

D’un point de vue factuel, l’économie circulaire appliquée aux zones d’activités n’est pas une innovation made in Tarn. Cette démarche existe depuis la fin du siècle dernier5. Dunkerque et le nord de la France ont déjà défriché le terrain. Aujourd’hui, on recense en France plus d’une centaine de démarches, actives ou en développement. Près de nous, la technopole Agen-Garonne est déjà sur ce créneau et obtenu le certification HQE aménagement en 20146. La ZAC des Portes du Tarn n’est donc pas l’initiative pionnière que l’on cherche à nous vendre.

Sur le fond, nous nous interrogeons sur la pertinence de choisir les Portes du Tarn pour plaider les atouts de l’économie circulaire. Si on se fie aux actes, Vinovalie ne s’est pas inscrit dans cette démarche et son réseau de chaleur n’est en rien mutualisé (et ce n’est pas une perspective), il fonctionne au gaz, comme dans l’ancien monde. Si on regarde les projets, la complémentarité entre la station-service que va installer Total et la volonté d’implanter des entreprises de logistique est assez claire mais pour autant, il sera difficile de voir un progrès environnemental dans les gaz d’échappement des transporteurs.

Par ailleurs, 15 jours après le colloque, aucune communication de la SPLA 81, ni pour ainsi dire de la presse, sur son déroulement et son contenu. Surprenant alors que la SPLA excelle habituellement dans l’exercice. Combien d’« invités » triés sur le volet étaient-ils présents? Quelles étaient leurs qualités ? A part M. Bernardin au premier rang entre M. Bonhomme et M. Chorro, quels sont les élus qui ont assisté au colloque et quels enseignements en ont-ils tirés ? Et puisqu’il est question de « dissémination des résultats d’un projet de recherche sur l’intégration de l’économie circulaire » projet budgétisé avec nos impôts, pourrait-on rêver que ces résultats soient publiés sur le site de la SPLA afin que les « béotiens curieux » puissent aussi en prendre connaissance ?

Enfin, nous n’oublions pas que cette ZAC a une emprise foncière démesurée. Si l’économie circulaire vise à réduire les impacts environnementaux et limiter le gaspillage, la ZAC a raté l’examen de passage. Pour reprendre le vocabulaire utilisé par un intervenant de ce colloque, M. Adoue7, les mots « Portes du Tarn » et « écologie » relèvent de l’oxymore : deux entités contraires.

1 http://www.portesdutarn.fr/economie-circulaire/colloque-coprei/
2 Op cit
3 Echo du Tarn du 22 juin 2018
4 Echo du Tarn du 22 juin 2018
5 https://www.avise.org/articles/economie-circulaire-de-quoi-parle-t-on
6 http://www.agen-garonne.fr/des-filieres-d-avenir.html

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