Rentrée scolaire : à en perdre le nord

Étonnant l’attitude de nos responsables politiques à propos de l’implantation d’un nouveau lycée au nord de Toulouse.

Il n’y a pas si longtemps, au cours des années 2014-2016, quand le SCoT du Vaurais était à l’étude, aucun paragraphe n’a été rédigé indiquant la nécessité de réserver des terrains pour construire un lycée sur le territoire. Il fallait donc croire que cette question était nulle et non avenue.

Aujourd’hui, les maires de Buzet, Lavaur puis récemment Saint-Sulpice montent successivement au créneau pour solliciter l’implantation du futur lycée nord toulousain à proximité de la ZAC des portes du Tarn ! Cette agitation porte à sourire. La ZAC, territoire fantomatique à cheval sur les communes de Buzet et Saint-Sulpice, est censé porter un projet collectif. Or chacun joue sa carte en solitaire quitte à plomber le voisin.

Premier acte à l’automne 2016, M. Joviado (maire de Buzet) évoque l’idée d’utiliser une partie de terres de sa commune impliquées dans la ZAC pour y installer le lycée nord toulousain voulu par la Région Occitanie. Réaction immédiate de M. Carayon (maire de Lavaur) : « pas question d’utiliser les terrains de la ZAC pour autre chose que des activités économiques ». Peut-être croit-il à cette perspective ou cherche t-il à planter une banderille dans le dos du maire de Buzet qui a eu l’outrecuidance de vouloir se retirer de la CCTA, toujours est-il que cette objection a été parfaitement entendue par la présidente de la région Occitanie : pas de lycée dans la ZAC.

Second acte au printemps 20147, M. Joviado récidive et plaide toujours pour sa commune mais pour une implantation à proximité de la ZAC. Les Portes du Tarn servent alors d’appui dans son argumentaire. Étrange, dans cette logique de constater le boycott de l’inauguration de la ZAC par la mairie de Buzet…

Troisième acte, au beau milieu de cet été, c’est au tour de M. Carayon de reprendre l’initiative en publiant un communiqué réclamant un lycée à Saint- Sulpice. Peut-être le leader affaibli de la droite locale veut-il prouver qu’il bouge encore mais sa légitimité semble bien mince dans cette affaire.

Dernier épisode, Mme Rondi montre le bout de son nez. Elle indique que sa commune est prête pour accueillir le futur lycée. Outre que la situation financière de la commune de Saint Sulpice est loin d’être confortable et que l’assise politique de Mme Rondi ne doit pas inspirer beaucoup de confiance, cette prise de position en dernière minute sans projet structuré ressemble à un acte dérisoire. Si on ajoute les risques de pollutions industrielles bannis par la région Occitanie, cette initiative prend des allures de mission kamikaze.

Bientôt nous aurons l’épilogue de cette affaire, Mme Delga annoncera la commune retenue pour la construction de ce nouveau lycée. Parions que ce ne sera ni Buzet ni Saint-Sulpice. Parions également que chacun reportera la faute sur son voisin qui n’aura pas joué collectif. La coopération intercommunale aura une nouvelle fois échoué. Parions aussi que ce ne sera pas la dernière fois d’ici la fin de ce mandat.

GAT EElv Lavaur-Graulhet- Saint Sulpice

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